jeudi 14 juin 2012

Les insecticides végétaux

Ortie
Pourquoi se ruiner en insecticides ? Pensez à utilisez vos plantes indésirables pour faire vos propres insecticides végétaux.


Pour confectionner un purin végétal, il faut utiliser des récipients en verre en bois ou en plastique et écarter définitivement le métal. Divers procédés peuvent être mis en place:

 - la décoction: laisser tremper les plantes pendant 24h puis les faire bouillir doucement pendant 15 à 20 minutes en couvrant le récipient.


- la macération ou purin: les plantes sont laissées dans l'eau pendant plusieurs jours pour en extraire les substances actives.


- l'infusion: mettre les plantes dans de l'eau bouillante pour en recueillir les substances actives puis baisser le feu. Laisser alors infuser durant 24h.

Quelques exemples de recettes faciles à réaliser:


- la tomate: tiges et feuilles issues des pincements du mois de juin
En macération de 15 jours: laisser tremper 100g de feuilles et tailles de tomates pour 1 litre d'eau pendant 2 jours. Les feuilles peuvent être utilisées contre le ver du poireau (vaporiser de 1 à 3 jours d'affilée), l'altise et la piéride du chou (vaporiser tous les 4 jours entre début juillet et le 15 août) et contre les pucerons.
Tomate

- la prêle: cette plante est très riche en silice qui renforce les cultures. Elle se récolte à la St Jean et il faut la laisser sécher à l'ombre. Laisser infuser pendant 20 minutes 300g de plantes sèches dans 10 litres d'eau bouillante contre les araignées rouges et les pucerons. Avant utilisation, on peut ajouter du savon noir et pulvériser le matin par temps sec sur le sol et sur toutes les plantes vivaces en février.

- l'ortie: les feuilles et les tiges des orties piquantes  non grainées sont mises à macérer dans un tonneau (100g d'orties par litre) au soleil pendant une quinzaine de jours (penser à mélanger régulièrement). Avant de l'utiliser comme insecticide, diluer 1 litre de purin dans 10 litres d'eau. Comme traitement préventif de certaines maladies (oïdium, rouille, mildiou) ou d'invasions de parasites (pucerons) diluer 20cl dans 10 litres d'eau. Pour masquer les odeurs de fermentation on peut ajouter de la poudre de lithothamnium (algue rouge des côtes atlantiques).

mercredi 13 juin 2012

Les serres et jardins d'hiver dans les réprésentations culturelles

La cour des Palmiers de Fréderic-Guillaume III
Pendant longtemps les jardins d'hiver puis le serres ont été un signe de richesse et d'opulence. Par exemple, Louis XIV afin d'humilier un comte de sa cour lui avait confisquer tout les arbres fruitiers de son orangerie. Ils étaient aussi un lieu de fête et un symbole de supériorité culturelle. Les serres et jardin d'hiver sont donc des témoignages de l'évolution des sociétés.

La cour des Palmiers de Fréderic-Guillaume III
A l'origine la serre détrôna l'orangerie pour assurer le forçage ou la simple protection des plantes. Progressivement, la haute société s'enthousiasma pour ces lieux abrités où il était possible de venir admiré ces collections dans une ambiance exotique. Il s'opéra ainsi une distinction entre la serre proprement dite (greenhouse ou glasshouse) et ce que les anglais nommèrent conservatory: lieu dédié à la conservation des plantes, mais aussi à la détente et au loisir. Ce lieu est habituellement rattaché à l'habitation.

Un lieu de faste pour l'élite: 
Personnages illustres, bourgeois fortunés, rois et princes, artistes en vogue: le jardin d'hiver devient un lieu incomparable qui permet l'évasion avec une grande influence de l'orient. C'est aussi un symbole de faste et de richesse et chacun veut surpasser celle du voisin. Les architectes Paxton, Décimus et Richard Burton se font les interprètes des rêves les plus extravagants. Cette mode calquée sur des images des mille et une nuit avaient ses pièces maîtresses: voûte mauresque, tapis turcs, persans et afghans, colonnes à tête de dragon, mobilier chinois et japonais, cristal de Venise, pièces d'eau, oiseaux des quatre coins du monde... A Paris, on poussait l'esthétisme jusqu'à habiller les domestiques dans des costumes du pays qui avait inspiré la serre.

Le point culminant de cette époque fut le jardin suspendu dans la résidence royale de Munich de Louis II de Bavière. Les dimensions extraordinaires du roof-garden (200mètres de long et 30 de large) permettaient les plus grands délires: cascade, grotte, ponts, sentiers sauvages, hutte de roseaux, pagode. On raconte que Louis de promenait dans sa serre appelé la vallée magique du Cachemire en barque dorée environnée de cygnes.

 Popularisation & représentations dans l'art:
Dans la serre de Manet
C'est la révolution industrielle qui popularisa les serres et jardins d'hiver. Véritable phénomène de société, on s'y retrouvait volontiers pour jouer aux cartes, lire, converser mais ils sont également le cadre de rendez-vous galant, qui favorisés par l'environnement des daturas géants ou des fougères arborescentes, trouvaient une issue romantique digne d'inspirer les plus grands peintres : Dans la serre de Manet (1879) ou les meilleurs écrivains. Maupassant dans Bel-Ami ou même avant Balzac dans la Peau de Chagrin (1831):

" Quand tout Paris se chauffait encore devant les tristes foyers, les deux jeunes époux riaient sous un berceau de camélias,  de lilas, de bruyères. Leurs têtes joyeuses s'élevaient au-dessus des narcisses, des muguets et des roses du Bengale. Dans cette serre voluptueuse et riche, les pieds foulaient une natte africaine colorée comme un tapis".

Quelques serres de renom à voir:

Paris:                                                                        Angleterre:        
- Serres d'Auteuil                                                     - Botanic Kew Garden
- Serres du Jardin des Plantes                                 - Chatsworth

États-Unis:                                                               Irlande:
- Serres de Longwood                                             - Palmarium de Belfast
- Jardin botanique du Bronx

Mais aussi:
Palmen Garten (Frankfurt)
- De Hortus ( Pays Bas)

samedi 2 juin 2012

Quelques idées de jardinage pour juin

- Paillez le pied des plantes


- Palissez les plantes grimpantes


- Donnez de l'engrais soluble aux plantes en pots


- Installez un goutte-à-goutte au sol ou sur les pots


- Sortez les plantes d'intérieurs et placez-les a l'ombre


- Échangez au Troc Main-Verte fin juin au Parc de Bercy à Paris vos semis et boutures du printemps.

mardi 29 mai 2012

Le bulbe de tulipe au centre du premier crash boursier

Les plantes ne sont pas que là pour faire jolies.Tous les jours des gens produisent et vendent leur production de végétaux. Les plantes font partie de l'économie et même l'influence. L'exemple le plus démonstratif est celui de l'explosion de la bulle financière de la tulipe.

C'est Charles de l’Écluse qui est un des plus grands chasseurs de plantes au 16ème siècle qui a ramené en  Europe occidentale les premiers bulbes de tulipes de la cour de Soliman le Magnifique de l'Empire Ottoman. En effet, ils poussaient alors à l'état sauvage en Turquie, Perse, Crimée, au Caucase, Levant, Pakistan, en Afghanistan et dans les steppes de Sibérie et étaient déjà très recherchées. Lorsque Charles de l’Écluse parti travailler à Francfort avant de se rendre aux Pays-Bas, il emporta avec lui sa plus belle collection de tulipes. De là il les diffusa par le biais d'une correspondance épistolaire très prolifique. On se rendit vite compte que la culture des tulipes étaient très rentable. Puis quand les plus précieuses furent dérobées dans le jardin de Charles, ces fleur se répandirent dans tout les Pays-Bas.

Au début du 17ème siècle, des entrepreneurs établirent les premières grandes plantations de tulipes en Hollande. Au départ, ils fournirent des bulbes en grande quantité à des gros propriétaires de domaines, mais dans les années 1620, les variétés unies se vendaient au prix de 12 florins la livre (à une époque où le revenu annuel moyen était d'environ 150 florins). Bientôt, les collections de tulipes prospérèrent. En 1624, les bulbes Semper Augustus coûtaient 1 200 florins la pièce. En une année, le prix avait plus que doublé et le marché fut envahi par les spéculateurs désireux de bénéficier de cette tulipomanie. Le tarif le plus élevé demandé pour le Semper Augustus fut cité dans le magazine Nederlands comme étant de 13 000 florins le bulbe: soit le prix d'une maison de prestige donnant sur les canaux du centre d'Amsterdam.

En 1637, la bulle était sur le point d'éclater. L'offre dépassa la demande et le marché s'effondra. Pendant un moment, les tulipes n'eurent plus aucune valeur et furent même négligées. Le professeur de botanique de Leyde, où Charles de l’Écluse avait planté les premières tulipes des Pays-Bas en vint à détester ces fleurs, au point qu'il les frappa à coups de canne. L’Écluse était mort mais sa passion pour les tulipes avait modifié l'aspect des jardins d'Europe du Nord à jamais et semé les graines de l'industrie des bulbes qui prospère aujourd'hui  aux Pays-Bas. Plus de 20 000 ha sont actuellement plantés de fleurs à bulbe chaque année. En 2007, le chiffre d'affaires des tulipes vendues aux enchères a dépassé les 200 millions d'euros.

mercredi 2 mai 2012

Les cucurbitacées du potager à la décoration

C'est le moment de lancer vos cultures de cucurbitacées dans votre potager. Je vous rappelle que ce sont des plantes herbacées rampantes ou grimpantes grâce à des vrilles spiralées. Annuelles ou pérennes, ce sont des plantes des régions tempérées chaudes à tropicales. Quelques exemples de cette famille des plantes dicotylédones: le Citrullus vulgaris (pastèque), le Citrullus colocynthis (coloquinte vraie), le Cucumis sativus (concombre) ou encore le Cucumis melo (melon).
On mange de ces légumes tous le jours mais avez-vous déja pensé à les consevrer comme décoration ? Voici la démarche à suivre pour cultiver et conserver les cucurbitacées.

Semer et planter:

Semer les cucurbitacées à partir de la mi-mai en piquant les graines vers le bas. La plupart des courges sont des plantes très gourmandes. Semez-les sur le tas de compost du jardin ou plantez-les dans un trou (de 40 cm de côté) garni de terreau ou de fumier bien décomposé.

Entretenir:

Il faut savoir que les fruits cultivés biologiquement se conservent plus longtemps. Non seulement ils contiennent moins d'eau mais ils sèchent aussi mieux.

Pour obtenir de gros potirons et de grosses citrouilles sans épuiser la plante, conservez seulement un ou deux fruits et coupez les tiges de un à deux noeud après chaque fruit.
Pour gagner de la place, faites grimper les melons, les cornichons et les concombres sur un treillage solide.
Isolez les fruits du sol avec une tuile ou une planchette pour éviter qu'ils se tachent ou pourrissent. Arrosez fréquemment, en évitant de mouiller les feuilles ou les fruits. En fin de culture, ne donnez pas trop d'eau aux cucurbitacées ainsi les fruits se conserveront plus longtemps après la cueillette.

Récolter:

Récoltez les cucurbitacées avant les premières gelées, en laissant le pédoncule le plus long possible sur le fruit. Elle se conserveront plus longtemps. Pour les melons attendez qu'une fissure se forme à la base du pédoncule. Lorsque les fruits sont murs, récupérez les graines pour le semis de l'année suivante.

Conserver:

Pour faire sécher des cucurbitacées: évitez de les heurter, entreposez-les dans un endroit bien ventilé de façon à ce qu'elles ne se touchent pas les unes les autres et enduisez-les d'huile végétale ou de cire d'abeille lorsqu'elles sont encore fraîches.

Enfin l'hiver, conservez-les dans un lieu sec et aéré, à une température de 10°C à 15°C en les surveillant régulièrement. Elles peuvent se conserver ainsi 3 à 6 mois si vous voulez dès maintenant prévoir la décoration pour halloween !